Concert dans le cadre du Festival de Musique Ancienne de la Roya : Paris-Bruxelles, 1830 – Récital poétique de guitare romantique

Elodie Brzustowski, guitare romantique
Zohra Desgoutte, lecture poétique
Ce récital poétique met en regard deux modes d’expression romantique : la musique et la poésie, avec trois compositeurs et trois auteur.ices des années 1830. Au cours d’un trajet entre Paris et Bruxelles, nous proposons de laisser résonner l’évocation de thèmes romantiques – comme la solitude, la séparation, ou le temps – dans ces partitions fantasques et délicates.
Concentré autour de trois compositeurs, ce programme cherche à mettre en valeur l’expressivité et la fantaisie de la musique pour guitare des années 1830 en France et en Belgique. Napoléon Coste à Paris, Victor Magnien à Lille et Zani de Ferranti à Bruxelles, tous trois guitaristes virtuoses, ont su repousser les limites d’un instrument trop souvent jugé « ingrat » par leurs contemporains, et ont chacun développé un style éloquent qui leur est propre.
Les œuvres d’Alfred de Vigny, d’Alphonse de Lamartine et de Marceline Desbordes-Valmore illustrent la richesse de la poésie romantique française. Si Vigny et Lamartine ont connu une postérité durable, Desbordes-Valmore, pourtant admirée en son temps, est ensuite tombée dans l’oubli. Son écriture se distingue par une sensibilité et une légèreté singulières. Le guitariste et compositeur Zani de Ferranti mit certains de ses poèmes en musique et traduisit en italien les Méditations poétiques de Lamartine, témoignant des liens étroits entre poésie et musique au XIXᵉ siècle.
Dans les années 1830, Paris est prise d’une fièvre nouvelle que l’on appelle « La Guitaromanie ». Le critique Henri Blanchard nous apprend que la guitare est devenue « l’instrument à la mode dans toutes les classes de la société ». Il évoque même un « fanatisme pour le culte de la guitare ». En effet, en seulement trente ans, l’instrument connaît un essor sans précédent dans la capitale. Pas moins de 80 méthodes en langue française sont publiées pour l’instrument et les virtuoses italiens venus faire fortune à Paris sont de véritables stars.
Le récital sera donné sur un instrument extraordinaire : une Coffe-Goguette de 1830 réalisée à Mirecourt, au timbre chaleureux et précis qui donne à entendre toute la subtilité et le charme de ce répertoire.
Nous nous proposons, avec ce récital intimiste, de rendre sensibles ces résonances entre poésie et musique et de redécouvrir des compositions tombées dans l’oubli